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Dermatoses professionnelles des coiffeurs

Cet article issu du site web de L'INRS ( institut national de recherche et de sécurité) a servi de base d"tude à la mise au point de nos gants V1340 et V1400. L'ensemble de l'article est visible en cliquant ici

salon de coiffure

Les dermatoses profession nelles des coiffeurs sont fré quentes, d'apparition précoce et de mauvais pronostic. Les aspects cliniques les plus habituels sont la dermatite d'irritation, l'eczéma des mains, mais aussi l'urticaire de contact, plus rare. Un bilan aller gologique précoce et surtout une prévention avant l'apparition de la dermatose devraient contribuer à diminuer leur fréquence et leur gravité.

I. EPIDEMIOLOGIE

L'apparition des dermatoses professionnelles est précoce, principalement lors de l'apprentissage, qui est une période à haut risque. Pour Bergoend, 70 % des dermatoses sont apparues avant la fin de la 3e année d'apprentissage. Wall retrouve 97 % d'apprentis parmi les coif feurs ayant une dermatose.

1. Prévalence des dermatoses

Elle varie selon les études de 12,9 % à 83 % . Les résultats sont difficiles à comparer et à inter préter du fait des différences de sélection, de métho dologie et de critères diagnostiques. Dans une étude de Leino, en 1998, la prévalence est de 16,9 % dans une cohorte de 355 coiffeurs.
En 1998, Uter a réalisé une vaste étude sur 2 352 apprentis coiffeurs, la prévalence initiale des derma toses est de 12,9 %, et s'élève après 3 ans de suivi à 23,9 %.
Au Danemark, où toutes les maladies profession nelles doivent être déclarées, l'activité de coiffeur est la profession, après celle de cuisinier, ayant le risque d'acquérir un eczéma le plus élevé (fréquence de 9 %, c'est-à-dire 451 cas d'eczémas professionnels déclarés pour 5 000 employés coiffeurs).

2. Incidence

dermatite

Elle varie selon les critères dermatologiques : - 32,8 cas/100 personnes-années toutes dermatoses confondues;
- modifications cutanées même légères, 34,3 cas/100 personnes-années, dermatite des mains 15,2 cas/100 personnes-années;
- étude longitudinale sur 3 ans de 297 apprentis coif feurs d'Ile-de-France : dermatite d'irritation 11,9 cas/100 personnes-années, eczémas 2,4 cas/100 per sonnes-années.

II. FACTEURS RESPONSABLES

1.Nuisances professionnelles

Le coiffeur est en contact cutané avec de nombreux irritants et allergènes expliquant la fréquence élevée des dermatoses dans ce groupe.

1.1. Irritants cutanés

Le travail en milieu humide (mains plongées dans l'eau, plusieurs heures par jour) altère l'épiderme (atteinte du stratum corneum, inflammation, cytotoxi cité).
Les shampooings, du fait de leurs propriétés lavantes (tensioactifs), sont les principaux irritants chez les apprentis, qui en effectuent 10 à 30 par jour. Sont également agressifs les produits de permanen te, de décoloration et de coloration (notamment les teintures à base de sels métalliques).

1.2.Allergènes responsables d'eczéma de contact allergique

Teintures capillaires,
Elles sont classées en coloration permanente par oxydation (contenant principalement des diamines aro matiques, des aminophénols et des phénols, l'oxydant étant le plus souvent le peroxyde d'hydrogène à 6 %), coloration semi-permanente disparaissant après plusieurs shampooings (colorants nitrés, anthraquino- niques et azoïques) et coloration temporaire.
La plupart des allergies sont dues aux colorations permanentes par oxydation et, plus rarement, aux colorations semi-permanentes.
Le principal allergène est la paraphénylènediamine (PPD). Du fait d’accidents de méthémoglobinémie, cette substance est interdite en 1951 et remplacée par la paratoluènediamine (PTD), mais elle est de nou veau autorisée depuis 1977 du fait de ses très faibles concentrations dans les produits utilisés en coiffure.
Le pourcentage de sensibilisation à la PPD est élevé chez les coiffeurs. Elle peut entraî ner des réactions croisées avec des produits substitués en « para » : colorants azoïques, sulfamides, anes thésiques locaux (benzocaïne, procaïne, tétracaïne, butacaïne), écrans solaires contenant de l'acide para aminobenzoïque et d'autres colorants capillaires.
D'autres molécules ayant une amine primaire en « para » sont également sensibilisantes : PTD, o-nitro- p-phénylènediamine (ONPPD), p-aminophénol.
Sont plus rarement sensibilisants la résorcine et le pyrogallol.
Quelques cas d'eczéma de contact allergique ont été décrits, surtout chez les clients, avec le peroxyde d'hydrogène, le 2,7-dihydroxynaphtalène, le henné et le Basic blue 99 (aminocétone de coloration semi-permanente).

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